Françoise DOLTO et Juan David NASIO

Émission Les chemins de la connaissance

La place du miroir dans le développement de l’enfant, Dolto, Nasio

Troisième volet de cette série consacrée à la psychanalyse, présentée par Claude DUPONT. Les invités sont les psychanalystes Françoise DOLTO et Juan David NASIO. Aujourd’hui ils s’interessent « au miroir de l’être du sujet dans l’autre ». – A 1’03 : Juan David NASIO : les différents miroirs dans la vie d’un sujet : le miroir glace, mais surtout le miroir des images que les autres lui renvoient, notamment celui des yeux de sa mère, et le miroir qui n’est pas extérieur, mais qui est en nous : l’image de cet autre internalisé en nous avec laquelle nous nous confrontons constamment. – A 2’17 : Françoise DOLTO : nous ne savons pas que ces images sont partielles. Un bébé doit avoir l’odeur de la mère pour se savoir être vivant. Le choc de voir son visage dans un miroir plan vient plus tard. Elle a rencontré l’importance de l’image inconsciente chez les enfants aveugles qui parlent toujours de « voir ». Pour eux se voir veut dire « je perçois ». Voir c’est percevoir par tous les moyens qui font une vision symbolique de soi l’autre. – A 3’58 : Juan David NASIO : le miroir représente tout ce qui nous renvoie et nous permet de constituer l’image inconsciente que nous avons de nous mêmes. Françoise DOLTO : l’exemple d’un bébé qui se laissait mourir de faim parce qu’il était coupé de sa mère et qui s’est reconnu existant (« moi ma maman ») grâce à l’odeur d’un de ses foulards. Juan David NASIO : la confrontation avec un miroir plan est la convergence de toutes ces séries de stimulations extérieures rassemblant différents sens et matérialisant l’enfant devant sa propre image spéculaire. – A 6’02 : Françoise DOLTO : pour ne pas entretenir de confusion entre image inconsciente et image speculaire il est important de dire à l’enfant que c’est l’image de lui dans la glace et pas lui (« l’image de toi » et pas « ton image »). Qui est cet étranger dans la glace? L’enfant découvre son aspect dans la glace grâce à la personne tutélaire qui est avec lui devant la glace. Il découvre son propre visage qu’il ne voyait pas et se pensait être celui de son père ou de sa mère. – A 7’52 : Juan David NASIO : la personne qui accompagne l’enfant dans cette expérience du miroir est la représentante du symbolique, à condition qu’elle ait un lien transférentiel d’amour, de parole avec l’enfant. Françoise DOLTO : car ce qu’il vit à son contact c’est quelque chose qui est enraciné depuis sa naissance et qui est la présence, tout à fait différente de l’apparence de cette présence. – A 9’35 : Françoise DOLTO : l’écart entre l’image inconsciente du corps et l’apparence de ce corps, pour soi comme pour les autres, est un croisement et c’est existentiel. Juan David NASIO : cet écart provoque une blessure. Françoise DOLTO : nous apprenons alors à jouer du mensonge en faisant des mimiques qui vont donner l’apparence d’être triste ou gai… là où l’aveugle est toujours vrai car il ne peut pas utiliser cet apparence. Françoise DOLTO donne l’exemple d’une enfant de 2 ans et demi devenue schizophrène en deux mois, morcelée par des images d’elle même reflétées dans des meubles en miroir, sans parole vraie d’un adulte sécurisant. Juan David NASIO : l’image spéculaire est nécessaire à la constitution de l’image inconsciente du corps. Mais si la parole est manque et si l’image est démultipliée cela devient nuisible à la constitution de l’enfant. – A 13’20 : Juan David NASIO : en quoi la vision du miroir est différente chez Françoise Dolto et Jacques Lacan. Françoise DOLTO : selon Lacan, « l’assomption jubilatoire » de son image spéculaire unifie l’être humain qui découvre le langage de la mimique. Juan David NASIO : Pour LACAN l’image du miroir assemble le sujet, alors que pour DOLTO elle vient marquer la séparation avec l’image inconsciente du corps. C’est une castration. Mais pour les deux l’accompagnement par un tiers symbolique est très importante. Françoise DOLTO : la castration en psychanalyse est une castration symboligène, elle a un effet symbolique : après l’épreuve, il y a un travail qui rend de façon symbolique la richesse qu’il y avait avant cette épreuve. – A 16’25 : le 1er miroir dans la vie c’est le 1er visage qui se penche sur un enfant. Françoise DOLTO : il y a un rapprochement avec l’éthologie : Konrad LORENZ était le premier visage qui se penchait sur les petits canards naissant. Et s’il ne s’était pas mis à cropeton pour les guider vers la rivière, ils n’y auraient jamais été.

Les sentiments inconscients, Dolto, Nasio

Présentation de cette cinquième et dernière émission sur la psychanalyse, intitulée « Les sentiments inconscients », par Claude DUPONT. Les invités sont Françoise DOLTO et Juan David NASIO et le livre référence est celui de Juan David NASIO « les yeux de Laure ». – A 1’06 : Juan David NASIO donne une explication au titre de son livre, « Les yeux de Laure, le concept d’objet a dans la théorie de Jacques Lacan ». L’ « objet a », nomme une entité qui ne peut pas vraiment être théorisée. Cette lettre nomme une difficulté de théorisation : celle de pouvoir dire ce qu’est la jouissance dans l’analyse. L’ « objet a » se réfère au lien de la pulsion. Cette jouissance est un ressenti inconscient. Ce sont des sentiments qu’on ne sent pas, très liés à l’échange de la parole dans l’analyse et polarisée sur une partie orificielle, érogène du corps (la bouche, le regard…) – A 4’50 : Juan David NASIO : Les manifestations cliniques, pathologiques psychosomatiques où cette jouissance inconsciente trouve dans le corps de nouvelles zones érogènes. Par exemple l’ulcère. Françoise DOLTO : c’est comme une overdose de pulsions qui ne peut pas se dire et révèle un lieu nouveau de jouissance au niveau de l’estomac. Cela fait partie de toute cette variation de la relation de « l’objet a » avec l’analyste (en bénéfique ou en troubles) et qui se joue aussi dans le corps qui est le réceptacle de toutes nos expériences avec les substituts des « objets a ». – A 6’14 : Juan David NASIO : l’être humain a une grande capacité, parfois pathologique, à créer en lui de nouveaux lieux de zones érogènes. Un ulcère, un eczéma sont pour la psychanalyse des manifestations de jouissance qui ont trouvé dans notre corps des lieux où ils se manifestent. – A 7’38 : Juan David NASIO : cette perception se manifeste par le symptôme, mais aussi par des manifestations plus pures par le psychosomatique, parfois par des passages à l’acte ou par des moments d’hallucination. – A 8’16 : Françoise DOLTO : « l’objet a » de Lacan, comme « l’image inconsciente du corps » sont des analyses de ce que FREUD a appelé le « ça ». L’exemple du bébé excité par l’objet sein. Tous les objets que l’enfant va mettre à sa bouche et qui vont être nommés par la mère sont des substituts de l’objet a. Cela va vêtir de sens humain cet objet a, objet de la jouissance momentanée d’être vivant et qui lui fait connaître la relation à la fois dans le langage et dans la complicité du langage et de l’amour avec sa mère attentive à ses pulsions. – A 10’10 : Juan David NASIO : dans la cure, toute manifestation implique une tension extrême, une perte énergétique qui est aussi la manifestation de « l’objet a ». Même s’il y a répétition il y a, à chaque fois, un moment de répétition propre à ce moment là. L’analyste représente par la fonction qu’il occupe cette jouissance inconsciente polarisée sur une partie du corps. A la fin de l’analyse, l’analyste cesse d’être l’objet a avec l’analysant. Ce qui conduit l’analyste à s’interroger sur son métier, sur ce qu’il a fait pendant cette expérience. C’est une manière de se confronter à cette place « d’objet a » qu’il a occupé pendant le temps de l’analyse. Ces sentiments inconscients (ou « objet a ») sont ceux qui ont été en jeu dans le rapport analytique, de l’analyste et de l’analysant. C’est une manière pour l’analyste d’interroger la place qu’il a occupée. – A 15’09 Françoise DOLTO : pour une femme analyste, cette fin d’analyse est comme un accouchement. C’est un peu comme quand le placenta s’en va (que l’enfant dans le ventre a pris pour sa mère. Il a le sang de son placenta, qu’il a élaboré lui même) et où la mère a la joie, par cette délivrance, que l’enfant soit au monde pour les autres.

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